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EDF cherche à attirer les talents au service de la transition énergétique

Deux jeunes développeurs pendant le hackathon de Laval Virtual sponsorisé par EDF

EDF et sa filiale Exaion étaient les partenaires de la compétition du hacktathon lors de Laval Virtual 2023.

Crédits photos : Laval Virtual

EDF était partenaire de la 25e édition du salon Laval Virtual autour de la réalité virtuelle et du métavers. Avec sa filiale Exaion, le groupe a accompagné les compétitions étudiantes (Limited Time et Demo). Une façon pour le groupe énergétique français d’afficher son intérêt pour les technologies immersives. Nous avons fait le bilan de ce partenariat avec Christian Taillebois, Responsable Communication d’EDF Pays de la Loire, et Alexis Bezverkhyy, Architecte Cloud chez Exaion.

EDF a été sponsor de la 25e édition du salon Laval Virtual sur la réalité virtuelle et du métavers. Quel était l’enjeu de ce partenariat entre EDF et Laval Virtual ? 

Christian Taillebois : EDF est implanté sur tout le territoire des Pays de la Loire avec 5000 salariés dans la région. Nous voulons donc montrer notre ancrage territorial en étant partenaire de certains événements, ainsi que notre soutien aux initiatives, aux acteurs, aux dynamiques régionales, départementales et locales. En Mayenne, Laval Virtual nous semblait incontournable. 

D’autant plus que les technologies immersives est un sujet qui est déjà très vivant dans nos métiers. Il y a des utilisations de réalité virtuelle et augmentée dans grand nombre de métiers d’EDF : en formation, pour entraîner des intervenants, pour simuler l’implantation d’équipements dans nos installations, etc. C’est déjà une réalité pour nous, et ça va l’être de plus en plus demain. C’est pourquoi nous sommes très à l’écoute et attentifs aux nouveaux développements immersifs. C’est aussi pour ça que Laval Virtual nous intéresse et que nous en sommes partenaire depuis 2 ans.

Pourquoi avoir voulu soutenir cet événement et l’épreuve du hackathon en particulier qui est une compétition étudiante ? 

Christian Taillebois : C’est toujours très enrichissant d’écouter les jeunes générations, de leur donner la parole, et de leur permettre de s’exprimer sur les sujets qui nous concernent. Cela fait vraiment partie de nos leviers d’innovation que de chercher à écouter toujours plus ce qu’il se passe autour de nous. C’est la raison pour laquelle on a souhaité sponsoriser le hackathon en proposant un thème qui nous intéressait.

Notre volonté est aussi de montrer qu’EDF est une entreprise qui s’intéresse aux technologies immersives. On ne le devine pas forcément mais, il y a de belles carrières à faire dans le numérique au sein du groupe et de notre filiale Exaion. Donc être partenaire des compétitions étudiantes, c’était aussi une façon de l’affirmer et d’entrer en contact avec des jeunes qui sont dans ces filières d’études pour les convaincre de nous rejoindre. Le but de ce partenariat n’était pas simplement de donner un financement, c’était aussi de construire une compétition ensemble, d’être associé au jury et à l’évaluation et de pouvoir rencontrer des jeunes. C’est ce qu’on est arrivé à faire ensemble et on en est très content !

La thématique du hackathon de cette année était “XR collaborative pour l’industrie”. Quel a été le bilan de ces 30 heures d’épreuve ? 

Alexis Bezverkhyy : J’ai passé un super moment ! D’abord, je tiens à dire que le hackathon est un événement de très grande qualité. Il y a une phase de pré-sélection des écoles, donc les candidats présents étaient très motivés. Ensuite, c’était assez impressionnant de les voir développer des applications en 3D et en réalité virtuelle en très peu de temps, et de tester les démos. Ils ont réussi à s’approprier une problématique qui les a un peu déroutés au départ car ils s’attendaient à avoir une thématique autour du jeu vidéo. Finalement, les productions étaient super intéressantes. 

Certains se sont intéressés à des problématiques d’EDF, alors que ce n’était pas imposé du tout. Ils ont fait des jeux où on se retrouve dans une antenne régionale d’une communauté de communes et on doit choisir où placer des éoliennes sur une carte en 3D, avec les contraintes en temps-réel. C’est complètement une problématique pour EDF ! Nous les avons donc dirigés vers EDF Pulse [EDF Pulse est le réseau d’innovation du groupe EDF, ndlr] pour qu’ils montrent leur solution lors d’un salon.

Exaion est une filiale d’EDF qui explore le Web3. Pouvez-vous nous expliquer comment vous utilisez ces technologies ?

Alexis Bezverkhyy : La société a été fondée en 2020 afin de proposer des services infrastructurels autour de la blockchain et du calcul haute performance. Le but premier était de valoriser le matériel informatique d’EDF. Beaucoup de matériel n’est pas entièrement utilisé ou est en voie d’être recyclé. Notamment, EDF utilise des supercalculateurs pendant 2-3 ans avant de les remplacer. Mais ce sont encore des super-machines et des serveurs à haute-valeur.

Chez Exaion, nous reconditionnons ces machines et les alimentons avec le mix énergétique très largement décarboné d’EDF afin de proposer à nos clients des services dont l’empreinte carbone est largement inférieure à celle des acteurs traditionnels du marché (38 gCO2/kWh en moyenne contre 350 g pour les acteurs nord-américains, et 600 g en Asie).

Notre première piste de travail était la blockchain. Aujourd’hui, nous avons créé un service qui s’appelle Exaion Node. Cela permet aux entreprises d’avoir accès à des nœuds blockchain à la demande. Par exemple, une banque qui veut créer des applications peut souscrire à des nœuds en quelques secondes et être connectée à la blockchain qui l’intéresse, le tout sur une infrastructure bas-carbone, souveraine et performante. S’ils développent une application et qu’ils utilisent simplement le réseau peer-to-peer, il n’y a pas de garantie sur la disponibilité du serveur et sa capacité à encaisser le trafic que la société lui envoie. Donc on permet notamment à ces banques de sécuriser les transactions sur la blockchain. 

Exaion propose-t-elle d’autres services en dehors de la blockchain ?

Oui, nous proposons d’autres services, comme Exaion Studio. Son objectif est de mettre à disposition des infrastructures pour les graphistes et les studios d’animation. Cela prend la forme de stations de travail déportées et de fermes de rendu. La problématique des personnes travaillant dans l’animation des dessins-animés, par exemple, c’est que le rendu final prend plusieurs semaines car c’est très intensif en calcul. Chez Exaion, on leur met donc à disposition nos avantages : des data centers en France, de l’électricité décarbonée, et surtout le super-matériel d’EDF. On a donc toutes les clés pour répondre à leurs besoins. 

Avec Exaion Compute, enfin, nous proposons aux grands comptes et corporates des solutions de type edge computing sécurisées et résilientes au service de projets de calcul haute performance et d’intelligence artificielle. Pour délivrer ces services, nous nous appuyons sur notre expertise technique en calcul haute performance, en datacenter et en cybersécurité. Cette gamme permet à Exaion d’être fournisseur de solutions d’infrastructures cloud sur les jumeaux numériques et sur le métavers pour l’industrie 4.0.

Généralement, les start-ups et les entreprises viennent à Laval Virtual avec des problématiques précises, dans l’espoir de trouver des solutions à celles-ci. Est-ce que ce fut aussi le cas pour Exaion ? Quel bilan faites-vous de votre présence au salon ?

Alexis Bezverkhyy : Pour ma part, je me suis concentré sur la partie hackathon. Avec l’équipe d’Exaion, nous n’étions pas encore venus à Laval Virtual. Nous avons donc pu découvrir le salon pour la première fois. Ça a été un moyen de prendre la température, voir quelles entreprises sont présentes et quelles solutions elles recherchent. Laval Virtual est un super événement. Je le connaissais mais je n’y étais jamais allé. Le fait d’avoir réussi à créer ça en France, c’est assez unique.

Christian Taillebois : Côté EDF, de nombreux salariés venant de différentes entités sont venus voir le salon. Nous utilisons les technologies immersives donc on se doit de rester à l’écoute de tous les développements et toutes les solutions nouvelles qui peuvent émerger dans ce marché qui évolue très vite. Laval Virtual est l’endroit où les métiers d’EDF viennent pour faire le point là-dessus.

Exaion se décrit comme un fournisseur bas-carbone et revendique haut et fort cette approche. Est-ce que l’environnement est aujourd’hui devenu l’enjeu le plus important pour EDF ?

Alexis Bezverkhyy : Chez Exaion, la réduction des émissions carbone est une problématique centrale. On optimise au quotidien l’utilisation des ressources dans les data centers. Nous sommes d’ailleurs présents dans deux data centers d’EDF en France (en Normandie) qui bénéficient de l’électricité la plus décarbonée possible. Nous avons aussi un projet de développement d’un data center au Canada qui sera mis en route prochainement. Dès la phase de conception, nous avons intégré un système de récupération de chaleur destiné à chauffer des bâtiments. Ce n’est pas juste un affichage. Il y a des enjeux au quotidien sur le bilan carbone, et on implique aussi nos clients. Ils pourront bientôt suivre sur leur dashboard les émissions carbone générées par leur consommation de services cloud

D’autre part, Exaion valorise le matériel IT déclassé d’EDF : des supercalculateurs du TOP500 auxquels nous donnons une seconde jeunesse, et que nous mettons à profit à 100% pendant toute leur durée de vie. Les machines que nous utilisons sont encore extrêmement performantes et mises à jour. Nous avons également recours à d’autres procédés qui nous permettent de réduire encore un peu plus notre empreinte carbone : refroidissement passif, effacement électrique et utilisation de protocoles blockchain à preuve d’enjeu, peu énergivores. Ce sont l’ensemble de ces mesures qui nous permettent d’atteindre ce score remarquable de 38 gCO2/kWh.

Christian Taillebois : Les enjeux de neutralité carbone sont en effet au cœur des missions du groupe EDF. Pour nous, l’ennemi ce sont les émissions de CO2. Dans nos moyens de production, nous sommes déjà très en avance puisque 96% de l’électricité produite par EDF en métropole est bas carbone, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. Notre volonté est d’avancer avec nos clients vers la décarbonation. Nous mettons à leur disposition des solutions pour supprimer progressivement l’usage des énergies fossiles, renforcer l’efficacité énergétique et développer la sobriété. Être acteur de la transition énergétique, c’est ce qui nous anime tous au quotidien.

À propos de l'auteur

Rédactrice Web Freelance. Jongleuse de mots et chercheuse de mots-clés. J’aide les entrepreneurs, start-ups, associations et TPEs à se dévoiler et à briller sur le web.
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