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Le Palais des Festivals de Cannes à l’assaut des événements virtuels

Le Palais des Festivals de Cannes s'associe avec Laval Virtual pour organiser des événements virtuels

Didier Boidin et Laurent Chrétien ont officialisé la collaboration dans le Laval Virtual World.

Crédits photos : Virbela / Laval Virtual

Le Palais des Festivals et des Congrès de la ville de Cannes a annoncé la création de Cannes Virtual Events. En collaboration avec Laval Virtual, la structure va proposer à ses clients, récurrents et nouveaux, une solution pour organiser des événements virtuels et hybrides. Rencontre avec Didier Boidin, directeur général du Palais des Festivals, qui s’est adonné à l’exercice de l’interview croisée avec Laurent Chrétien, directeur de Laval Virtual.

Est-ce que vous pouvez rappeler brièvement l’activité du Palais des Festivals de Cannes ? Quel type d’événements sont organisés en son sein ?

Didier Boidin : Le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes est le deuxième palais des congrès en France en termes de taille, hors Paris. Tous les ans nous accueillons des salons mythiques, comme le Festival du film, mais aussi un certain nombre de salons récurrents professionnels et internationaux. Nous sommes un important centre de congrès, de par sa taille et de par les événements. 

L’un de nos atouts importants c’est qu’on a la chance d’être sur la Croisette. À l’inverse de nos confrères, on a l’avantage d’être en plein centre-ville et de pouvoir tout faire à pied à partir du palais des festivals. Le cadre idyllique est notre atout n°1 : les professionnels qui viennent en séminaire à Cannes prennent leur petit-déjeuner en terrasse, partent déjeuner sur la plage, peuvent sortir facilement le soir. C’est ça la force de la destination : un environnement unique, en plein centre-ville, avec de très beaux salons annuels.

En mars 2020, quand le confinement national a été annoncé, comment ça s’est passé au Palais des Festivals ? Quelques semaines auparavant, le gouvernement commençait à réduire les jauges des événements. Est-ce que vous vous étiez préparé à une telle situation ?

Didier Boidin : En février 2020, j’ai eu la chance de participer à un séminaire professionnel à Rome avec des gestionnaires de salons et de congrès du monde entier. C’est la première fois que j’entendais des gens parler sérieusement de cette crise. Il y avait un intervenant chinois qui ne pouvait pas rentrer chez lui car les frontières étaient bloquées. On a donc passé deux jours à parler de ça. 

Quand je suis rentré à Cannes, j’ai convoqué l’équipe de direction, et j’ai averti tout le monde que cette crise allait arriver et qu’on ne pouvait pas passer à côté. Mais honnêtement, personne ne prenait ça au sérieux. En France, on considérait qu’elle n’allait pas sortir de Chine. Je me suis alors fié à mon instinct, et j’ai commencé à travailler sur un plan de sauvegarde de l’activité. Ainsi, quand le confinement est tombé, nous étions relativement bien préparés, mais persuadés que tout allait redémarrer dans 3 mois.

Depuis combien de temps pensez-vous à vous lancer dans les événements hybrides et virtuels ?

Didier Boidin : Deux tendances ont émergé de cette crise : la RSE dans un premier temps, c’est-à-dire tout ce qui touche à la protection de l’environnement, à la responsabilité sociétale de l’entreprise. Et l’hybridation. Pour être honnête, j’étais l’un des premiers à dire que ce n’était pas adapté pour notre activité. Notre rôle consiste à accueillir des personnes sur une destination, de remplir les hôtels ; pas de faire des événements virtuels

Au fur et à mesure, on a commencé à changer d’avis et se dire que l’hybridation était inévitable et qu’il fallait s’y préparer. J’ai assisté à une présentation sur les services de Laval Virtual dans le cadre de France Congrès. Ensuite, j’ai eu l’occasion d’être en contact avec Laurent [Chrétien, ndlr] à plusieurs reprises. Cela a mené à des échanges intéressants. Notre vocation n’est pas de devenir un palais virtuel, mais nous sommes persuadés qu’il y a des opportunités à saisir dans ce domaine.

Comment s’est passée la construction de cette alliance entre Laval Virtual et le Palais des Festivals ? Qui est venu vers qui ? 

Didier Boidin : Sincèrement, c’est avant tout une belle rencontre. Des deux côtés, nous n’avons pas envisagé ce partenariat avant, mais il y a eu une rencontre qui a tout déclenché. Nous nous sommes vite rendu compte que nous avions des valeurs et des objectifs en commun.

Laurent Chrétien : Les meilleures constructions de projet passent par les rencontres. Au-delà du pur business, construire des projets passe par des étincelles qui jaillissent entre plusieurs personnes. C’était donc une rencontre qui a été assez naturelle et logique. Le contexte général de crise sanitaire a aussi accéléré les choses. Parfois, il y a des évidences que l’on saisit rapidement.

Outre cette belle rencontre que vous nous racontez, qu’est-ce qui vous a guidé dans le choix de Laval Virtual ?

Didier Boidin : Le Palais des Festivals collabore avec d’importants partenaires et clients qui organisent des manifestations récurrentes. Pour présenter ce nouveau projet, il fallait qu’on leur présente impérativement une crédibilité. D’autres structures nous ont présenté des offres de plateformes 2D et de systèmes digitaux, mais aucune n’avait déjà organisé de salon. Ce qui nous a séduit, en dehors des personnalités qu’on a rencontrées à Laval Virtual, c’est cette crédibilité, et le fait d’avoir en face un partenaire sérieux qui est aussi l’un des plus importants sur le marché actuel du virtuel.

Est-ce que certains de vos clients sont intéressés par le virtuel à l’heure actuelle ?

Didier Boidin : Oui, on a plusieurs clients intéressés par l’hybridation. Nous avons déjà présenté la plateforme Virbela et le projet à quelques-uns de nos clients. Certains ont eu des réactions très positives, et d’autres se posaient des questions, légitimement, autour des problèmes techniques qu’il peut y avoir. Mais ce qui est positif c’est qu’à chaque fois qu’on présente le concept, nos partenaires trouvent cela intéressant et veulent voir à quoi ça ressemble. C’est là qu’il y a du travail à faire pour séduire et convaincre.

Le Palais des Festivals de Cannes est un des centres de congrès les plus importants en France. (Crédit photos : Palais des Festivals de Cannes)

Est-ce que ce choix du virtuel et de l’hybride est une réponse immédiate à la crise sanitaire et/ou un investissement sur le long terme ? 

Didier Boidin : On a tous pris cette crise de plein fouet et on la vit au jour le jour. Elle a eu l’avantage de réfléchir de manière plus stratégique. Nous voulons garder notre position de leader : si des avancées doivent se faire, le palais de Cannes sera le pionnier car c’est l’un des centres de congrès les plus importants en France. Mais aujourd’hui, nous ne savons pas quand et comment on va sortir de cette crise. Ce virus a paralysé le monde entier, et on sait que ça peut redémarrer demain. Se lancer dans le virtuel finalement, c’est donc pour être un peu plus prêt afin d’aborder une nouvelle crise, mais aussi pour élargir notre palette de services. Ce fut avant tout une réaction à la crise, mais cela peut se transformer en véritable atout pour le palais.

Croyez-vous en l’avenir du virtuel dans l’événementiel ? 

Didier Boidin : L’hybride et le virtuel continueront. Le virtuel est devenu important dans notre quotidien. Personnellement, quand je peux éviter un voyage à Paris pour une réunion de 2h, je le fais. Après, le virtuel ne remplacera pas le présentiel. Les gens ont besoin de se retrouver et de passer du temps ensemble. À Cannes, on traite beaucoup d’affaires, et cela peut être plus difficile dans un monde virtuel, du moins au premier abord. Pour moi le virtuel durera, avec des adaptations, mais il durera. Cela deviendra plus précis, agréable, accueillant.

Laurent Chrétien : Je partage ce point de vue. Il y a un an, jamais nous n’aurions imaginé pouvoir démarrer notre collaboration sans nous rencontrer physiquement. C’est incroyable ! Aujourd’hui, il est clair que les déplacements professionnels sont réduits. Quand je suis sollicité pour des conférences ou des interventions, je me pose vraiment la question d’y aller physiquement. La partie physique va devoir monter en valeur pour être pertinente et pérenne. Toutefois, un salon comme Laval Virtual, c’est avant tout une rencontre communautaire. Les gens aiment bien y venir, se revoir, discuter ensemble. Il y a cette dimension sociale qui est très forte. Par contre, le virtuel peut être intéressant pour un salon de l’immobilier ou de l’emploi par exemple.

Est-ce que cela va persister même après la crise sanitaire, quand tout le monde voudra se revoir en physique ?

Didier Boidin : Je pense ! Pour nous, avec un événement hybride, l’avantage indiscutable c’est la possibilité d’atteindre plus de personnes. Sur un salon physique avec lequel on espère attirer 5000 personnes sur Cannes, on peut espérer toucher 20 à 30000 personnes avec le monde virtuel. J’ai toujours dit que le vrai luxe, c’est d’avoir le choix. Les gens veulent pouvoir choisir et n’aiment pas qu’on leur impose une solution. Avec l’hybride, ils auront le choix de participer à ce qu’ils veulent, quand ils veulent, où ils veulent. Et ils auront le choix de venir en présentiel pour rencontrer la communauté. Mais le fait de pouvoir choisir, c’est fabuleux !

Laurent Chrétien : C’est vrai que, pour plein de raisons, on peut faire le choix de se déplacer ou de rester chez soi pour suivre un événement. Parfois, on va à des conférences pour rencontrer une certaine personne, en pensant qu’échanger avec elle en physique aura plus d’impact. Mais c’est de moins en moins vrai ! Pour des raisons de CO2 et d’économies de déplacement, le virtuel est durable.

Didier Boidin : Lorsque j’ai été embauché au Palais en 2019, le maire de Cannes m’a dit qu’il fallait se préparer au salon de demain. À l’époque, il y avait des prémices sur l’environnement, on parlait juste de gestion de poubelles à déchets. Avec la crise, tout s’est accéléré et j’ai une feuille de route beaucoup plus claire. Avec cette crise, je pressens beaucoup mieux ce que sera le salon de 2030. Ça va aller beaucoup plus vite qu’on ne le pense et ouvrir des tas de portes.

Laurent Chrétien : Cela risque même de remettre en cause les modèles économiques des événements de façon assez forte.

En parlant d’économie, quid des retombées d’un salon virtuel ? Est-ce que ce sont les mêmes que pour un salon physique ?

Didier Boidin : Pour l’instant il faut être honnête, on ne peut pas comparer le chiffre d’affaires d’un salon en présentiel avec le chiffre d’affaires d’un salon virtuel. De facto, il y a moins de marges, et donc moins d’argent à gagner.

Laurent Chrétien : Cependant, objectivement, cela dépend de l’objectif de l’organisateur. Si son objectif est d’amener des leads qualifiés à des exposants pour faire du business, et que cet objectif est atteint, un salon virtuel n’est pas plus différent qu’un salon réel en termes de prix.

Didier Boidin : C’est vrai ! Je pense que ce sont les clients qui vont pousser les organisateurs à changer de modèle économique et à bousculer les méthodes traditionnelles. Il y a effectivement une dimension économique qui est importante et qui va évoluer rapidement.

Laurent Chrétien : Le bon résumé au final c’est de dire qu’on perçoit des tendances, mais qui sont encore enveloppées d’un tissu d’incertitudes. En tant qu’apporteur de solution virtuelle, la préparation mentale et technique doit faire partie de notre quotidien désormais. C’est cet exercice d’agilité, d’anticipation et de maîtrise des risques que l’on peut apporter aux clients du Palais des Festivals. Mais c’est aussi leur offrir une part d’innovation : inventer un autre futur de l’événement.

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À propos de l'auteur

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