Crédits photos : © Mirage
Lauréate de la compétition #Experiences aux Laval Virtual Awards 2026, l’œuvre Mirage, signée par la réalisatrice Naima Karim, a remporté le prix décerné le 9 avril à l’Espace Mayenne. Organisé depuis 28 ans à Laval, le plus grand salon européen de réalité virtuelle et augmentée récompense chaque année les projets XR les plus prometteurs dans une dizaine de catégories. La compétition #Experiences, réservée aux studios de production, distingue cette année une œuvre intime construite en famille autour de la dépression et de l’anxiété.
Un projet né d’une expérience personnelle
Mirage suit le parcours d’une jeune fille aux prises avec la dépression et l’anxiété, dans un paysage désertique chargé de symboles. L’œuvre est une adaptation métaphorique et stylisée, directement inspirée du vécu de la réalisatrice Naima Karim avec sa propre fille, qui traverse elle-même des épisodes de dépression et d’anxiété. Le tournage et la conception ont impliqué toute la famille, une expérience que la créatrice décrit comme difficile mais cathartique.
Sur scène, face à Naomi Roth, elle est revenue sur la genèse du projet : « Mirage parle d’une personne extérieure au sein du système de soutien de quelqu’un, qui voit cette personne traverser une dépression et une anxiété sans vraiment comprendre comment l’aider. Mais aussi, du point de vue de la personne qui souffre, il est très difficile d’accepter de l’aide, ou même d’accepter que quelque chose ne va pas. »
Voir, ressentir, comprendre
L’expérience s’appuie sur le hand-tracking, un design sonore spatialisé, une musique originale et un gilet haptique pour immerger le public à la fois dans la tête de la jeune fille et dans le regard impuissant de son entourage. C’est cette double perspective qui constitue la force du dispositif : comprendre la dépression de l’intérieur, mais aussi ressentir l’impuissance de ceux qui voudraient aider sans savoir comment.
« La réalité virtuelle, avec le gilet haptique, rend les choses plus faciles à comprendre pour quelqu’un de l’extérieur », explique la réalisatrice. « En la créant, j’ai mieux compris ce que vivait ma fille, et nous nous sommes mieux comprises l’une l’autre. »
Le résultat, selon la créatrice, dépasse le cadre artistique. « Beaucoup de parents ont réalisé que leurs mots avaient beaucoup de pouvoir. Ils essayaient peut-être d’aider les gens autour d’eux, mais ce n’était pas forcément la bonne façon de le faire. Pour les personnes qui souffrent de dépression, c’est aussi un encouragement à s’ouvrir un peu. C’est très difficile, mais cette acceptation est une étape essentielle, qui peut changer une vie. »
Une tournée qui continue
Mirage poursuit actuellement sa route dans les festivals de cinéma, avant de viser un public plus large : écoles, jeunes adultes, enseignants, conseillers. Naima Karim, qui a jusqu’ici financé le projet en autofinancement partiel (studio d’animation et compositeur), espère que la reconnaissance de Laval Virtual lui ouvrira des portes auprès de distributeurs et de programmateurs, pour faire connaître l’œuvre à un public plus large de parents, d’enseignants et d’adolescents concernés par les enjeux de santé mentale.


