Crédits photos : © Ultimate Recycling Super Simulator
Lauréat de la compétition #Students aux Laval Virtual Awards 2026, le jeu en réalité virtuelle Ultimate Recycling Super Simulator, conçu par des étudiants en MTI3D des Arts et Métiers de Laval, a remporté le prix décerné le 9 avril à l’Espace Mayenne.
Organisé depuis 28 ans à Laval, le plus grand salon européen de réalité virtuelle et augmentée récompense chaque année les projets XR les plus prometteurs dans une dizaine de catégories. La compétition #Students, qui réunissait cette année 20 projets venus de 8 nationalités différentes, distingue un jeu fabriqué de toutes pièces, dispositif physique compris, en seulement deux semaines.
Une promesse d’embauche qui tourne mal
Le pitch tient en une phrase, façon petite annonce détournée : félicitations, recrue, vous décrochez le poste de l’année, agent d’entretien suprême chez un scientifique fou. Armé d’une pince télescopique, le joueur doit pourchasser chaque déchet qui traîne dans le laboratoire pour satisfaire son entreprise. Une simple promenade de santé hygiénique, en apparence. Mais entre deux déchets douteux et des machines clignotantes, l’ambiance se met vite à grouiller dans l’ombre de la salle.
L’esthétique revendiquée par l’équipe est celle d’un « savant fou à la russe », mélange d’inquiétant, de drôle et de décalé. Un parti pris assumé dès la phase de conception : « On a d’abord pensé à une direction artistique autour de ce style russe et un peu dérangeant, avec un peu d’humour, mais aussi le côté savant fou », explique l’équipe sur scène.
Un dispositif fabriqué en deux semaines
Le projet est né d’un concours interne à l’école, baptisé RV Team. Sept étudiants, dont cinq présents sur scène lors de la cérémonie (deux étaient alors en stage), se sont répartis les rôles : trois développeurs, trois artistes 3D, et une personne dédiée à la conception assistée par ordinateur et à l’impression 3D. Le dispositif physique du jeu, une pince télescopique conçue pour être facile à manipuler sans pour autant ressembler à un simple contrôleur, a été entièrement fabriqué en deux semaines, contrôleur Quest intégré en interne.
« On voulait quelque chose de naturel à ressentir, comme cet outil de préhension qu’on voit à l’écran, mais sans nécessairement le sentir comme un contrôleur », résume l’équipe. Un choix qui s’est révélé payant : le jury a salué un dispositif léger, agréable au toucher, conçu avec un vrai souci de sécurité, et une finition allant bien au-delà de ce que la vidéo de candidature laissait deviner.
Le casse-tête de la coordination
Avec sept personnes aux compétences variées et un délai serré, la coordination n’a pas toujours été simple. « Au début, on n’était pas forcément d’accord sur certaines choses, mais on a pris le temps d’en discuter, parce que c’est très dur de se mettre d’accord sur la direction à prendre. Une fois qu’on était tous alignés, on a su que c’était la bonne chose à faire, et ensuite on a vu si ça fonctionnait. Et on était vraiment heureux que ça ait fonctionné. ». Sur scène, l’équipe a tenu à associer à la victoire les deux membres absents, en stage au moment de la cérémonie, ainsi qu’à saluer l’ensemble des vingt projets étudiants en lice cette année.
Direction le Japon
Le prix #Students ouvre à l’équipe les portes de l’IVRC (International collegiate Virtual Reality Contest), la compétition étudiante organisée au Japon depuis 1993, avec laquelle Laval Virtual entretient un partenariat depuis 22 ans. L’équipe s’y rendra en septembre, pour présenter Ultimate Recycling Super Simulator devant un jury japonais, dans la continuité d’un échange qui voit chaque année les projets primés circuler entre les deux compétitions.


