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Les défis de la Croix Rouge face aux techniques immersives

La santé est l’un des secteurs les plus porteurs dans la réalité virtuelle. Il était donc essentiel de consacrer un cycle de conférences à cette thématique lors de Laval Virtual 2019. Dans le cadre du cycle VRtical Health, Marie Almeras, Responsable Stratégie et Innovation à la Croix Rouge, a pris le temps d’expliquer les défis qui s’imposent à l’association humanitaire à l’heure du développement des techniques immersives.


Le salon Laval Virtual met les conférences au centre de son dispositif pour mieux informer les entreprises. Pendant les trois jours BtoB, les professionnels ont pu assisté à trois cycles de conférences qui s’adressent à quiconque cherche à mieux comprendre et maîtriser les technologies de la VR/AR pour anticiper leur développement et les déployer dans leur chaîne de valeur. Elles ont rassemblé des experts en technologies et des leaders du secteur industriel. Retour sur ces conférences qui ont mis en lumière les dernières innovations et les tendances immersives qui dessinent le futur.


Comment la Croix Rouge prend-elle part aux techniques immersives ?

Depuis plus d’un siècle d’existence, la Croix Rouge s’efforce d’accompagner les personnes en situation de détresse et de besoins. Avec l’arrivée et le développement des nouvelles technologies, certaines personnes n’ont pas suivi la transition numérique. Ainsi, les besoins sociaux des personnes vulnérables continuent de progresser, à la fois malgré et à cause de la modernité de la société. En France aujourd’hui, dix millions de personnes ne se sentent pas à l’aise avec les technologies, se sentant alors exclues de ce nouveau monde digital. L’arrivée des nouvelles technologies a aussi fait naître de nouvelles problématiques, comme celle de l’addiction aux jeux-vidéos. Autant de nouveaux sujets sur lesquels la Croix Rouge se doit de se pencher.

Les techniques immersives telles que la réalité virtuelle et la réalité augmentée participe à cette évolution des actions de l’organisme. Les technologies modernes représentent un challenge au XXIe siècle, y compris les techniques immersives. Mais on connait également les nombreux bénéfices qu’elles apportent, particulièrement dans le domaine de la santé. L’objectif d’un organisme de grande envergure comme la Croix Rouge est donc de tirer parti des techniques immersives le plus possible. Le but est de créer plus d’impact sur les activités à vocation sociale que pilote la Croix Rouge.

Adopter les techniques immersives pour avoir plus d’impact

Le lancement d’un accélérateur d’innovation sociale

Pour faire face au développement des nouvelles technologies et des techniques immersives, la Croix Rouge a lancé en 2019 un accélérateur d’innovation sociale. Baptisé 21, il a été créé dans une volonté de l’organisme social d’investir davantage dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Dans le cadre de ce nouveau projet, la Croix Rouge travaille avec des applications qui relèvent en particulier de la santé sociale. Grâce à cet accélérateur, la Croix Rouge fournit des tests sur le terrain pour les startups, car elle dispose de 1700 établissements locaux en France. Elle veut aussi faire partager l’expertise professionnelle de ses plus de 80000 experts.

Le programme de l’accélérateur d’innovation sociale est regroupé en trois grandes intentions. Pour réaliser ces objectifs, la Croix Rouge veut utiliser les techniques immersives, croyant à l’apport de la réalité virtuelle et augmentée. Ainsi, l’organisme a trois buts : utiliser l’empathie, développer des thérapies de santé, et former les professionnels.

Déjà plusieurs expérimentations et cas d’usages

Des applications ont été conçues pour répondre à ces trois objectifs, rapporte Marie Almeras. La responsable Stratégie & Innovation a présenté plusieurs cas d’usages, notamment pour la prise de conscience sur des problématiques sociales. Une expérience de réalité augmentée, Enter the room montre comment la guerre peut arriver à la porte d’une maison et bouleverser le quotidien d’une famille. Une autre application suit le parcours d’une jeune réfugiée syrienne qui tente de fuir son pays en guerre. Ces deux applications ont pour but de développer l’empathie en mettant les utilisateurs à la place d’autres personnes. Cela doit ouvrir les esprits sur les conflits auxquels certaines populations sont confrontées.

La Croix Rouge a aussi développé des thérapies avec les nouvelles technologies et les techniques immersives. Par exemple, DT06 permet d’engager de la rééducation grâce à une analyse 3D des mouvements du patient, pour recommander ensuite des thérapies à suivre. Cela peut concerner davantage les personnes âgées. Il existe également MiniDocs, une application de réalité augmentée utilisée pour la première fois en 2017 à l’hôpital de Lyon. L’idée est de distraire les jeunes patients atteints de cancer, les emmener dans un autre endroit de façon à ce qu’ils pensent à autre chose qu’à la maladie et à la douleur.

Enfin, le dernier volet concerne la formation des professionnels de la Croix Rouge ainsi que du grand public. Tout d’abord, à l’IFSI de Nice, la réalité virtuelle est utilisée pour former les étudiants infirmiers à administrer les traitements et à faire des transfusions sanguines. Ce sont généralement des gestes techniques à haut risque pour les patients. La réalité virtuelle permet d’effacer la peur de faire des erreurs sur les malades. Par ailleurs, la VR est aussi utilisée dans le cadre de la formation aux premiers secours. Aujourd’hui, 20% de la population française détient cette certification. Le but est d’une part d’augmenter ce pourcentage, d’autre part de perfectionner la formation déjà existante. Comment ? En plaçant les personnes formées dans un environnement virtuel qui recrée un scénario réel stressant. Cela permet de former les apprenants à bien réagir dans une vraie situation d’urgence.

Les prochains challenges de la Croix Rouge pour intégrer la VR

La Croix Rouge a bien compris les bénéfices de la réalité virtuelle pour ses activités. Les usages évoqués par Marie Almeras lors de la conférence à Laval Virtual 2019 prouvent la volonté de l’organisme d’adopter les techniques immersives. Mais des challenges demeurent encore à résoudre. Le premier défi que se lance la Croix Rouge c’est de former les 80000 personnels à utiliser la réalité virtuelle, de façon à ce qu’ils puissent, par la suite, former les professionnels de santé et le grand public.

Outre ce défi, la Croix Rouge doit faire face à certaines problématiques dans son déploiement des techniques immersives. Tout d’abord, la question de l’accès à la technologie, notamment dans les zones rurales. Ensuite, lorsque l’on conçoit des applications, il est nécessaire de produire ses propres expériences car l’accès aux licences est trop cher pour l’organisme. De plus, la Croix Rouge doit aussi prendre en compte les questions éthiques, notamment l’addiction aux jeux-vidéos déjà évoquée. Il faut utiliser la réalité virtuelle de la meilleure des façons, notamment chez les plus jeunes.

La conférence de Marie Almeras montre comment la santé est un secteur porteur dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Elle démontre les nombreux bénéfices qu’elle peut apporter pour les professionnels et les patients. Au point que des organismes officiels comme la Croix Rouge se penchent également sur la question de l’adoption des techniques immersives.

Cette année encore, Laval Virtual met en avant les conférences dans son programme durant les journées professionnelles du 22 au 24 avril 2020. Vous avez une solution VR/AR ou un cas d’usage à présenter ? Vous pouvez proposer une conférence sur l’une des 10 thématiques proposées.

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À propos de l'auteur

Content editor at Laval Virtual. Obsessed with adverbs and punctuation, synonyms and keywords are my daily guides. Hunter of innovative use cases about VR/AR and immersive techniques.
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